"Economie et Ecologie"

Marcelle TERMOLLE lors de l'atelier "Economie et Ecologie" à La Rochelle le 3 septembre 2016

Marcelle TERMOLLE lors de l'atelier "Economie et Ecologie" à La Rochelle le 3 septembre 2016

Chapitre I.

Qu’est l’économie ?

Si l’on se réfère à l’étymologie du mot, oikos (la maison) et nomos (le droit, la norme), nous dirons que l’économie est le droit, la norme et par extension, la gestion de la maison humaine. L’économie, la gestion de la maison, s’applique à l’ensemble de l’appareil de production de biens et de services; la consommation de ces biens et de ces services; et les flux qui s’y rapportent soit les flux financiers, l’argent, la monnaie; les flux de personnes, les emplois.

Qu’est l’écologie ?

L’écologie c’est aussi oikos la maison et logos, raison, discours, logique. L’écologie c’est la logique de fonctionnement de la maison, de l’écosystème constitué des éléments de l’appareil de production.

Économie, écologie sont par conséquent les deux faces d’une même réalité.

La démonstration aurait pu s’arrêter là si l’on n’avait opposé les deux concepts. D’un côté l’économie que l’on associe au profit, à l’argent ce qui lui confère une connotation péjorative et l’écologie qui traîne une image post soixante huitarde qui lui colle aux basques et qui est plus ou moins fondée.

Les deux concepts se réconcilient dans ce que l’on nomme le développement soutenable. Un développement qui tient compte des ressources de la planète lesquelles sont finies, limitées. Il respecte le droit humain, les droits sociaux, des êtres humains présents et à venir en sauvegardant des ressources pour les générations futures.

Le développement de nos sociétés est- il soutenable, durable ?

Est-il soutenable de baser l’économie mondiale sur l’endettement, celui des États comme celui des particuliers ? Une humanité vivant à crédit, engagée dans une course au développement, sans en posséder les moyens financiers et en hypothéquant l’avenir des générations futures. Clairement non, ce n’est pas soutenable.

Cet objectif de croissance sans fin de la production, de la consommation et de la démographie est un non sens. Sur une planète aux ressources finies, on ne peut avoir une croissance infinie. C’est mathématiquement impossible.

De même la mise en concurrence déloyale des salaires des travailleurs des pays développés avec ceux des plus pauvres parmi les plus pauvres, en les tirant sans cesse vers le bas, est délétère non seulement pour les équilibres sociaux mais aussi pour la Terre. La production à bas coût là-bas, encourage une consommation effrénée ici et déstabilise les équilibres en favorisant le pillage des matières premières.

L’occident vit sur deux présupposés qui se sont avérés faux.

En premier lieu la croissance sans fin comme modèle de développement occidental est basé sur l’économie de marché qui prône une consommation et une croissance tirées par la démographie. Imaginer que la croissance démographique va booster éternellement la croissance économique s’est avéré faux. En vérité, c’est vrai jusqu’au moment où cela ne l’est plus.

Et à la question : pourra- t- on nourrir 12 milliards d’êtres humains de manière correcte, la réponse est clairement non ! Par conséquent il faut changer les pratiques.

Deuxième présupposé faux. La régulation automatique des marchés est une erreur d’interprétation des théories d’Adam Smith.

Smith est un homme du siècle des lumières. II était subjugué par Newton. Dans « La richesse des Nations » qui est passé à la postérité, Smith a développé l’idée suivante : si la Nature répond à des lois qui la régissent, dans ce cas toutes les œuvres de Dieu doivent fonctionner de même y compris les œuvres humaines. Smith lui-même pressentait bien les excès et les dérives possibles de ses théories. Il a développé ce thème dans un autre ouvrage qu’il considérait comme son œuvre majeure : « la théorie du sentiment moral. » Mais, dans l’Angleterre calviniste, puritaine, économe du 18ème siècle, Adam Smith faisait confiance à ses contemporains pour en atténuer les effets. On voit aujourd’hui qu’il n’y a en fait pas de limite. Et pour cause, la concentration, la mondialisation font que l’on n’a plus à faire à des êtres humains mais à des multinationales qui ont une logique propre qui n’a plus rien d’humain.

Nous n’allons pas détailler ici les solutions de développement soutenable qui tiennent compte des possibilités de la planète, respecte le droit social et envisage l’avenir des générations future. Elles figurent dans le programme de Génération Ecologie.[1] Mais il semble que l’on doive aujourd’hui distinguer deux tendances dans l’économie de notre écosystème humain. D’une part, il existe une force centripète. Elle prône la concentration, la standardisation, la normalisation redevables à la mondialisation. Avec pour conséquence une perte de contrôle des citoyens sur leurs vie, sur l’économie, sur l’écosystème dans lequel ils vivent. D’une autre part, une force centrifuge s’oppose à ce modèle avec le développement de petites structures telle l’ économie participative ; le retour du fait maison, les fab labs, les fabriques laboratoires, la lutte contre l’obsolescence programmée, une agriculture durable, voire bio ; l’émergence de monnaies locales et toute une panoplie d’innovations dans nos manières de produire et de consommer.

Pour conclure ce chapitre, il est probable que les deux modèles seront désormais amenés à cohabiter.

[1] Voir Le défi écologique III 2016.

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