L'écologie à l'école - par Alain Armagnac, membre du Conseil national de GE

Motion présentée par Alain Armagnac, fondateur de GE Dordogne en 1990, lors de la dixième Convention nationale de Génération Ecologie à Montpellier le 29 novembre 2014 et adoptée à l'unanimité.

Sans vouloir remonter à La Boétie, l'ami de Montaigne, qui écrivait au XVIe siècle, dans son "Discours de la servitude volontaire" que "la nature nous a donné à tous la Terre pour demeure » et que ne pas la respecter risquait de nous « dénaturer », il suffît de se souvenir qu' après la Seconde Guerre mondiale, des animateurs, des instructeurs et des enseignants de l'éducation populaire et de l'école laïque apprenaient aux jeunes qui leur étaient confiés, à garder une relation avec la nature grâce à l'étude du milieu.

Avec bien d'autres, ils participèrent à l'émergence de l'écologie humaine dans les centres aérés et les classes de découverte, créèrent des revues écologiques, publièrent des ouvrages sur l'écologie à l'école où ils faisaient découvrir que, comme l'abeille, l'homme vit en société, que cette société est, en fait, un système complexe de relations qui constitue une véritable chaîne écologique, celle de l'humanité, tant il est vrai que l'écologie est l'étude des relations existant entre les différents êtres vivant sur la Terre et des équilibres qui en découlent et que l'école, au point de convergence des générations passées, présentes et futures, est un maillon important de cet écosystème social.

En 1974, un représentant du peuple écolo faisait, pour la première fois, son entrée sur la scène nationale, avec la candidature de René Dumont à l'élection présidentielle.

Le soir où, à la télévision, son directeur de campagne eut l'idée de lui tendre en direct un verre d'eau, la France entière découvrit la place de l'écologie à travers cette relation directe de l'homme avec la nature.

En 1981, le futur Président de la République, François Mitterrand, dans un numéro de la revue nationale « Combat Nature » qui lui était entièrement consacré, affirmait notamment que "l'homme, oubliant qu'il est la nature, est en mesure de la détruire. Il la détruit et se détruit. Cette atteinte profonde à sa liberté d'être, doit être rangée parmi les fléaux à combattre de première urgence ». Il sèmera cette année là de nombreuses graines dans ce peuple écolo, à qui il devra probablement en partie son élection.-

En 1986, Fernand Braudel bouleversa pour longtemps la façon de concevoir l'histoire grâce à son livre "L'identité de la France" (Ed. Flammarion) qui démontre avec force que nous sommes tous et depuis toujours "avec passion", dans "le dialogue sans fin de l'homme avec son milieu".

En 1990, Brice Lalonde, Yves Pietrasanta et quelques autres créaient Génération Ecologie, première formation politique à accepter le bipartisme et à vouloir rassembler « les sociaux démocrates et les démocrates sociaux ». grâce à l'écologie.

La suite de l'histoire, vous la connaissez !

Aujourd'hui, certains s'emploient à distinguer deux formes de transitions vers une société plus écologique.

La première, énergétique, relève essentiellement de techniques opératoires visant à passer progressivement de l'utilisation principale des énergies fossiles et nucléaire, à celles, renouvelables et moins polluantes, que nous offrent, depuis toujours, la nature et l'ingéniosité créatrice de l'homme.

La seconde, écologique, est d'une tout autre nature puisqu'elle touche à l'évolution mentale, individuelle et collective, des populations. Elle vise à modifier les us et les coutumes, la manière de vivre ensemble et la façon de préserver une qualité de relations hommes-nature.

Ces deux formes de transitions se rejoindraient bien si on admettait enfin qu'elles sont complémentaires et que l'une peut conduire à l'autre à condition d'être bien expliquée. Elles devraient se coordonner au niveau institutionnel au lieu de rester chacune dans « son couloir de nage », imposé par un cloisonnement bureaucratique d'un autre temps.

D'ailleurs, nos compatriotes sont de plus en plus nombreux à considérer qu'il est nécessaire de garder des relations d'équilibre avec l'environnement grâce à l'esprit de responsabilité, de solidarité et à la bonne volonté de chacun, aussi bien dans les établissements scolaires que dans la vie familiale, associative, économique et sociale, autour d'actions pédagogiques fortes pour accélérer la prise de conscience, en faveur des énergies renouvelables, de transports plus propres, de covoiturages, de recyclages, de promotions des produits bio, d' artisanat et de commerce équitable, d'économie circulaire, etc..

Certains sont à l'œuvre depuis longtemps, pour faire de cette transition écologique, une nouvelle dimension de la citoyenneté active, pour « former les petits d'hommes à la découverte joyeuse et contagieuse des bonheurs partagés de la solidarité » ainsi que l'écrit Philippe Meirieu dans sa préface à la dernière édition de «L'écologie à l'école » (Ed. Le Scribe 2014).

Il y soutient que la grande leçon de l'écologie est la solidarité retrouvée au sein de l'humanité pour qu'elle cesse d'épuiser les ressources naturelles, de créer des désordres, des dérèglements climatiques et autres, de s'imaginer se sauver alors que les choix individuels et collectifs pèsent sur la santé et sur l'avenir de tous, quand on sait que la Terre est « notre seul Bien commun ».

La transition écologique passe donc forcément par une éducation à l'écologie qui préparera « chaque jeune à se reconnaître, en partie et progressivement responsable du milieu dans lequel il vit » ainsi que l'écrivait déjà en 1978, dans sa préface à la première édition de «L'écologie à l'école», l'inspecteur d'académie Roger Nouvel, père de cet architecte planétaire, concepteur d'un art de bâtir « spécifique à chaque milieu », élaboré en concertation avec tous les partenaires mais aussi avec « le minéral, le végétal, le soleil, l'air et le vent» ainsi qu'il l'explique dans son « Manifeste de Louisiana » (Ed. Acte Sud 2008).

Dans le lointain reflet que certains savent donner au philosophe grec Aristote qui, déjà bien avant notre ère, dans son lycée d'Athènes, créé à l'usage d'Alexandre et de quelques autres, « enseignait en se promenant » pour démontrer à ses élèves combien le système naturel semblait destiné à élever les humains vers la pensée et l'intelligence, le peuple écolo attend toujours de voir se développer ce nouvel art de vivre en harmonie avec la nature.

C'est pourquoi la motion suivante est soumise à votre approbation :

« Les élus locaux, les enseignants et les familles sont invités à développer entre eux, au profit des élèves, un système de relations écologiques dans notre société grâce à l'action éducative.

Cette éducation à l'écologie, considérée comme une nouvelle dimension de la citoyenneté active, aura pour objectif de :

  • concrétiser une pratique harmonieuse des relations sociales, source d'équilibre entre nous, dans le respect de chacun, par la coopération et la solidarité ainsi que par les nouvelles techniques de la communication.
  • préparer les jeunes générations à une attitude responsable vis-à-vis des éléments physiques, biologiques et sociaux qui régissent la vie humaine en montrant leur interaction et leur influence sur tout et sur tous ».
L'écologie à l'école - par Alain Armagnac, membre du Conseil national de GE
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